Pesticides dans les logements : 13 substances retrouvées dans 9 maisons sur 10

Publié le 31 Janvier 2026

L'Observatoire de la qualité des environnements intérieurs vient de publier Pestiloge, première étude d'ampleur nationale sur la présence de pesticides dans les habitations françaises. Menée entre novembre 2020 et février 2023 sur 571 logements répartis dans 321 communes et 84 départements, cette analyse mesure les concentrations de ces produits dans l'air ambiant et les poussières domestiques.

Les poussières concentrent massivement les produits phytosanitaires

 

Les chercheurs ont traqué 81 pesticides dans l'air et 92 dans les poussières. Résultat : plus de la moitié des molécules ciblées restent absentes ou très peu détectables dans l'air. Néanmoins, sept composés apparaissent fréquemment. Cinq insecticides et répulsifs - lindane, transfluthrine, DEET, icaridine et perméthrine - surgissent dans plus de la moitié des foyers testés. Le folpel (fongicide) touche 60% des habitations, le chlorpropham (herbicide) grimpe à 70%.

Les poussières racontent une tout autre histoire. Treize substances imprègnent plus de 90% des maisons analysées : cinq fongicides (boscalid, dicloran, difénoconazole, propiconazole, tébuconazole), quatre insecticides (acétamipride, cyperméthrine, imidaclopride, perméthrine), deux herbicides (glyphosate, terbutryne) et deux répulsifs anti-insectes (DEET, icaridine). Quatre autres molécules - fipronil, lindane, pyriproxyfène et transfluthrine - marquent plus de la moitié des logements.

Aucun seuil sanitaire établi, des produits interdits persistent

 

Problème majeur : impossible d'évaluer précisément le danger pour les occupants faute de valeurs de référence ou de limites réglementaires définies. L'observatoire relève toutefois un fait troublant : plusieurs pesticides détectés font l'objet de restrictions voire d'interdictions depuis des années. Leur présence prouve leur rémanence dans les environnements clos longtemps après utilisation.

En attendant d'éventuelles évolutions législatives, l'OQEI préconise un nettoyage régulier des surfaces et l'aspiration fréquente des poussières pour limiter l'accumulation de ces substances. Attention particulière aux vieux meubles et charpentes en bois traités autrefois avec des biocides aujourd'hui bannis. Dernier conseil : ne jamais utiliser de vieux bidons de produits phytosanitaires qui traînent au fond du garage.

« Retour aux actualités
- avant de vendre ou de louer votre bien
Tout savoir sur vos obligations